Une naissance, et tout le monde y pense : les grands-parents, le parrain, la marraine, les parents eux-mêmes. Mettre un peu d’argent de côté pour les études, un premier appartement ou un permis de conduire, c’est l’un des cadeaux les plus utiles qu’on puisse faire à un enfant.
Reste à choisir où placer cet argent. Les options n’ont ni le même rendement, ni les mêmes garanties, ni les mêmes règles le jour où l’enfant devient majeur.
Pas de 3ème pilier A pour un enfant
Le 3ème pilier A est réservé aux personnes qui ont un revenu soumis à l’AVS. Un enfant n’en a pas, il ne peut donc pas en ouvrir un. Quand on parle de « 3ème pilier pour enfant », il s’agit en réalité d’un compte d’épargne ou d’une assurance vie du 3ème pilier B, c’est-à-dire de la prévoyance libre.
Option 1 : le compte d’épargne au nom de l’enfant
C’est la solution la plus simple. Vous versez ce que vous voulez, quand vous voulez, et l’argent ne baisse pas. Les banques proposent souvent des comptes jeunesse, ou des comptes « cadeau » qu’un grand-parent ou un parrain peut ouvrir.
Mais il faut connaître la règle de la majorité. L’argent placé sur un compte au nom de l’enfant lui appartient. Tant qu’il est mineur, ses parents le gèrent. À 18 ans, il peut en disposer seul, pour ses études comme pour tout autre projet.
Côté rendement, avec des taux d’intérêt bas, l’épargne progresse lentement. Et pour un don important fait par une personne qui n’est pas un parent, un impôt sur les donations peut être dû selon le canton, le montant et le lien de parenté.
Option 2 : le plan d’épargne en fonds
Vous versez chaque mois un montant fixe dans des fonds de placement. Sur un horizon de 15 ou 18 ans, le rendement potentiel est nettement plus élevé qu’un compte d’épargne. En contrepartie, la valeur peut baisser avec les marchés, et rien n’est garanti à l’échéance.
Si le plan est au nom de l’enfant, la même règle s’applique à sa majorité. S’il est à votre nom, vous gardez la main, mais l’épargne fait partie de votre patrimoine.
Option 3 : l’assurance épargne enfant
Comment elle fonctionne
C’est un contrat d’assurance vie du 3ème pilier B. En général, le parent, ou un grand-parent, est le preneur d’assurance et paie les primes, et l’enfant reçoit le capital à l’échéance, par exemple à 18, 20 ou 25 ans.
Selon le contrat, l’épargne est rémunérée à un taux garanti avec une participation aux excédents, ou investie dans des fonds, sans garantie de capital.
Son vrai avantage : la protection en cas de coup dur
C’est ce qui la distingue d’un compte ou d’un plan d’épargne. Si la personne qui paie les primes décède, l’assureur prend le relais et continue de verser les primes jusqu’au terme. Avec la couverture adéquate, c’est aussi le cas en cas d’invalidité. L’enfant reçoit donc le capital prévu, même si le pire arrive à ses parents.
Ses limites
Cette protection a un coût : une partie des primes finance la couverture et les frais. L’engagement porte sur des années, avec une prime régulière. Et si vous arrêtez avant le terme, vous ne récupérez que la valeur de rachat, souvent inférieure aux primes versées dans les premières années.
Qui garde le contrôle ?
Avec une assurance dont vous êtes le preneur, c’est vous qui gardez la main sur le contrat jusqu’à son terme : vous décidez du bénéficiaire et pouvez le modifier, selon les règles de la clause bénéficiaire. C’est un argument pour les parents qui préfèrent ne pas laisser un capital important à la libre disposition d’un jeune de 18 ans.
Le comparatif
| Compte d’épargne | Plan d’épargne en fonds | Assurance épargne enfant (3b) |
| Versements | Libres | Réguliers, adaptables | Prime régulière, engagement |
| Rendement | Faible, capital stable | Potentiel élevé, non garanti | Selon le contrat, garanti en partie ou lié à des fonds |
| Si le parent décède | Les versements s’arrêtent | Les versements s’arrêtent | L’assureur continue de payer les primes |
| Arrêt avant le terme | Sans coût | Selon la valeur des fonds | Valeur de rachat, parfois inférieure aux primes |
| Qui dispose de l’argent à 18 ans ? | L’enfant, si le compte est à son nom | L’enfant, si le plan est à son nom | Selon le contrat et la clause bénéficiaire |
Et les impôts ?
L’épargne d’un enfant mineur est en général déclarée avec celle de ses parents. Une assurance vie du 3ème pilier B fait partie de la fortune imposable du preneur, à sa valeur de rachat. Le capital versé à l’échéance n’est en principe pas imposé comme un revenu, sous certaines conditions pour les contrats à prime unique.
À Genève et à Fribourg, les primes d’assurance vie peuvent donner droit à une déduction spécifique pour le preneur, dans les limites prévues par le canton. Les montants sont sur notre page déduction fiscale du 3ème pilier B.
Comment choisir ?
Vous voulez avant tout de la simplicité et de la souplesse : un compte d’épargne, éventuellement complété par un plan en fonds pour une partie de l’épargne.
Vous visez un rendement sur 15 ans ou plus : un plan d’épargne en fonds, en acceptant les fluctuations.
Vous voulez garantir le capital à votre enfant même s’il vous arrivait quelque chose : une assurance épargne enfant. Si votre priorité est surtout la protection, une assurance risque pur sur votre tête, combinée à un compte ou à un plan en fonds, peut coûter moins cher pour une protection comparable.
Pensez aussi à votre propre prévoyance : un parent bien protégé reste la meilleure garantie pour un enfant. Notre page 3ème pilier en banque ou en assurance ? vous aide à faire le point.
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