Sur votre certificat de prévoyance figure souvent une ligne intitulée « rachat possible » ou « potentiel de rachat ». Le montant peut être élevé, surtout si vous avez eu des années à temps partiel, une interruption de carrière ou une augmentation de salaire importante. Il correspond aux cotisations qui manquent pour atteindre les prestations complètes prévues par le règlement de votre caisse.
Racheter ces années peut être une très bonne opération fiscale. Ce n’est pas toujours le cas.
Comment fonctionne un rachat ?
Vous versez volontairement de l’argent à votre caisse de pension, en plus des cotisations prélevées sur votre salaire. Cette somme vient augmenter votre avoir de vieillesse, donc votre future rente ou votre capital.
Combien pouvez-vous racheter ?
Le montant maximal dépend de votre âge, de votre salaire assuré et du règlement de votre caisse. Il figure sur votre certificat de prévoyance. Certains avoirs le réduisent : les avoirs de libre passage que vous n’avez pas transférés à votre caisse, et, dans certains cas, un avoir de 3ème pilier A important. Les prestations de vieillesse déjà perçues le réduisent aussi.
Pour être sûr que le rachat sera accepté en déduction par l’administration fiscale, demandez à votre caisse un calcul formel avant de verser, et gardez l’attestation qu’elle vous remettra.
Vous arrivez de l’étranger
Si vous n’avez jamais été affilié à une caisse de pension suisse, vos rachats sont limités à 20 % de votre salaire assuré par an pendant les cinq premières années. Avec un salaire assuré de 80’000 CHF, cela représente 16’000 CHF par an. Ensuite, vous pouvez racheter l’ensemble de vos lacunes.
Les avantages du rachat
Une déduction fiscale directe
Le montant racheté se déduit de votre revenu imposable. L’économie correspond au montant racheté multiplié par votre taux marginal d’imposition, c’est-à-dire le taux qui s’applique à vos derniers francs de revenu. Par exemple, avec un taux marginal de 30 %, un rachat de 20’000 CHF réduit votre impôt d’environ 6’000 CHF. Le taux réel dépend de votre revenu, de votre canton et de votre commune.
Une retraite mieux financée
Le rachat augmente votre avoir de vieillesse, et donc ce que vous toucherez à la retraite, sous forme de rente ou de capital. Il peut aussi améliorer, selon le règlement, vos prestations en cas d’invalidité ou de décès.
Un effet renforcé en fin de carrière
C’est souvent dans les années qui précèdent la retraite que votre salaire, et donc votre taux d’imposition, est le plus élevé. Répartir vos rachats sur plusieurs années permet en plus de lisser la progressivité de l’impôt : chaque versement est déduit au taux marginal de l’année concernée.
Les points de vigilance
Le blocage de trois ans
L’argent racheté ne peut pas être retiré en capital pendant trois ans. Cette règle vaut pour tous les cas de retrait : retraite en capital, achat d’un logement, départ de Suisse. Elle s’applique aussi si l’avoir passe sur un compte de libre passage. Et si un capital est versé dans les trois ans, l’administration fiscale peut refuser la déduction du rachat.
Concrètement, si vous prévoyez de prendre votre 2ème pilier en capital à la retraite, vos derniers rachats doivent avoir lieu au moins trois ans avant. Sinon, le montant racheté ne pourra pas être retiré en capital, et vous risquez de perdre l’avantage fiscal.
Une exception : les rachats qui suivent un divorce, pour reconstituer l’avoir partagé, ne sont pas soumis à ce blocage. Notre page le 3ème pilier en cas de divorce traite aussi du partage du 2ème pilier.
Un retrait pour le logement à rembourser d’abord
Si vous avez déjà retiré une partie de votre 2ème pilier pour acheter votre logement, vous devez d’abord rembourser ce montant. Tant que ce n’est pas fait, un nouveau rachat n’est pas possible. Les règles du retrait pour le logement sont dans notre page dans quels cas puis-je retirer mon 2ème pilier ?
La santé financière de votre caisse
Avant de racheter, vérifiez le taux de couverture de votre caisse de pension, indiqué dans son rapport annuel. S’il est inférieur à 100 %, la caisse est en sous-couverture : en cas de mesures d’assainissement, l’ensemble des avoirs peut être touché, y compris ce que vous venez de verser.
Un argent bloqué jusqu’à la retraite
Contrairement à une épargne libre, l’argent racheté ne sera disponible qu’à la retraite, ou dans les cas de retrait prévus par la loi. Ne rachetez pas avec de l’argent dont vous pourriez avoir besoin.
Rachat du 2ème pilier ou 3ème pilier A ?
Les deux sont déductibles, mais ils ne se valent pas en souplesse. Le 3ème pilier A vous laisse choisir votre prestataire, votre stratégie de placement et, dans une certaine mesure, vos bénéficiaires. Il peut aussi être retiré par étapes si vous détenez plusieurs comptes, comme nous l’expliquons dans notre page est-il avantageux d’avoir plusieurs 3èmes piliers ?
C’est pourquoi l’ordre habituellement recommandé est le suivant : versez d’abord le montant maximum sur votre 3ème pilier A, puis envisagez un rachat dans votre 2ème pilier si vous avez encore une capacité d’épargne. Depuis 2026, il est aussi possible de rattraper certaines années non versées sur le 3ème pilier A, une option à comparer avec le rachat.
La déduction du 3ème pilier A est détaillée dans notre page la déduction fiscale du 3ème pilier.
Racheter avec votre 3ème pilier A
C’est une possibilité moins connue : votre avoir de 3ème pilier A peut servir à financer un rachat dans votre 2ème pilier. Le montant est versé directement à votre caisse de pension. Ce retrait est un des cas de retrait anticipé prévus par la loi, détaillés dans notre page comment retirer son 3ème pilier.
Ce rachat n’apporte en principe pas de nouvelle déduction, puisque vos versements au 3ème pilier A ont déjà été déduits. Faites confirmer le traitement fiscal de l’opération avant de vous lancer.
Jusqu’à quel âge pouvez-vous racheter ?
Tant que vous êtes affilié à une caisse de pension et que votre certificat affiche un potentiel de rachat, en principe jusqu’à la retraite. Mais pour profiter du capital, gardez en tête la règle des trois ans : un rachat fait moins de trois ans avant un retrait en capital est bloqué. Si vous prenez votre retraite sous forme de rente, ce blocage ne vous concerne pas.
Pour mieux comprendre le fonctionnement de votre caisse, lisez notre page le 2ème pilier.
Et si vous êtes frontalier ?
Un frontalier affilié à une caisse de pension suisse peut en principe effectuer un rachat. Sa déduction dépend en revanche de son statut fiscal, et notamment de son statut de quasi-résident. Faites le point avant de verser, et consultez notre page consacrée au 3ème pilier des frontaliers.