La valeur de rachat du 3ème pilier :
ce que vous récupérez en cas d'arrêt

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Sommaire

En bref :

La valeur de rachat est la somme que l’assureur vous verse si vous mettez fin à votre assurance 3ème pilier avant son échéance. Elle correspond à l’épargne accumulée, plus les excédents, moins les frais qui n’ont pas encore été amortis. C’est pour cela qu’elle est très faible, voire nulle, les premières années, et souvent inférieure aux primes versées pendant longtemps. Elle ne concerne que les assurances : un 3ème pilier en banque n’a pas de valeur de rachat. Pour un 3ème pilier B, elle se déclare chaque année dans votre fortune.

La scène est fréquente. Après cinq ans de primes, quelqu’un demande à son assureur combien il récupérerait s’il arrêtait tout. La réponse tombe : nettement moins que ce qu’il a versé. Il a l’impression d’avoir été volé.

Il ne l’a pas forcément été. Mais personne ne lui a expliqué, au moment de signer, comment fonctionne la valeur de rachat. C’est l’objet de cette page.


Qu’est-ce que la valeur de rachat ?

Un contrat d’assurance 3ème pilier vous verse un capital à son échéance, en général à la retraite. Si vous l’arrêtez avant, vous ne touchez pas ce capital, mais la valeur de rachat du contrat à ce moment-là.

Elle intervient dans plusieurs situations :

  • vous résiliez le contrat avant son terme ;
  • vous retirez votre 3ème pilier A pour acheter votre logement, vous mettre à votre compte ou quitter définitivement la Suisse ;
  • vous transférez votre 3ème pilier A vers un autre prestataire ;
  • vous divorcez, et le contrat doit être pris en compte dans le partage ;
  • vous mettez votre police en gage pour votre hypothèque.

Elle ne concerne que les 3èmes piliers en assurance, A ou B. Un compte ou un dépôt de titres en banque vous appartient tel quel : vous récupérez son solde ou la valeur de vos fonds, sans déduction liée à un contrat. Et une assurance risque pur, qui ne contient pas d’épargne, n’a en général pas de valeur de rachat.


Comment est-elle calculée ?

Pour une assurance vie classique, la logique est la suivante : la part d’épargne accumulée sur votre contrat, plus les excédents qui vous ont été attribués, moins les frais qui n’ont pas encore été amortis.

Pour une police liée à des fonds, c’est la valeur actuelle de vos parts de fonds, moins les coûts non amortis. Elle peut donc baisser avec les marchés.

Les règles exactes dépendent de votre contrat. Avant la signature, l’assureur est tenu par la loi de vous communiquer les valeurs de rachat et de transformation, ainsi que les principaux frais déduits en cas de rachat. Elles figurent en général dans un tableau, année par année.


Pourquoi est-elle si basse au début ?

Chaque prime que vous versez ne va pas entièrement à votre épargne. Une partie finance les frais de conclusion du contrat, une autre la gestion, une autre encore la couverture des risques : le capital versé en cas de décès, la libération du paiement des primes en cas d’invalidité.

Les frais de conclusion sont pour l’essentiel prélevés pendant les premières années. Tant qu’ils ne sont pas amortis, ils sont déduits de votre épargne en cas de rachat. Résultat : la valeur de rachat est très faible, voire nulle, au début du contrat, et elle reste souvent inférieure au total des primes versées pendant de nombreuses années.

La loi fixe un minimum : pour une assurance vie dont l’événement assuré est certain, comme un capital versé à l’échéance ou au décès, l’assureur doit accepter le rachat dès que les primes ont été payées pendant au moins trois ans. Avant, rien ne l’oblige à vous verser quoi que ce soit.


Comment connaître la valeur de rachat de votre contrat ?

Dans votre contrat. Le tableau des valeurs de rachat remis avant la signature indique leur évolution prévue, année après année, souvent avec une partie garantie et une partie qui dépend des excédents futurs.

Dans votre attestation annuelle. Pour un 3ème pilier B, votre assureur vous envoie chaque année la valeur de rachat à reporter dans votre déclaration d’impôt.

Sur demande. Vous pouvez demander à tout moment à votre assureur de calculer la valeur de rachat de votre contrat. La loi lui impose de vous la communiquer dans un délai de quatre semaines. Faites-le par écrit, et demandez aussi la valeur d’une transformation en police libérée de primes, pour pouvoir comparer.


Que devient la valeur de rachat d’un 3ème pilier A ?

C’est là qu’il y a souvent un malentendu. Si vous résiliez un 3ème pilier A en assurance, la valeur de rachat ne vous est pas versée sur votre compte. Elle reste dans la prévoyance liée, et elle est transférée vers un autre 3ème pilier A, en banque ou en assurance.

Vous ne la touchez que si vous remplissez l’un des cas de retrait prévus par la loi : approche de la retraite, achat de votre logement, activité indépendante, départ définitif de la Suisse, rachat dans votre 2ème pilier ou invalidité. Les conditions sont détaillées dans notre page comment retirer son 3ème pilier.

Pour le logement en particulier, sachez que seule la valeur de rachat est disponible, pas le capital prévu à l’échéance. Si votre contrat est récent, le montant peut être décevant. Notre page achat immobilier et 3ème pilier présente les alternatives, dont la mise en gage, qui évite de racheter le contrat.


Que devient la valeur de rachat d’un 3ème pilier B ?

Avec une assurance vie du 3ème pilier B, vous pouvez résilier quand vous le souhaitez, sans justification. La valeur de rachat vous est alors versée.

Côté impôts, la valeur de rachat fait partie de votre fortune imposable, chaque année, pendant toute la durée du contrat. Le capital versé à l’échéance ou au rachat n’est en principe pas imposé comme un revenu, à condition notamment que le preneur d’assurance et l’assuré soient la même personne, ou des époux taxés ensemble. Pour les contrats à prime unique, l’exonération suppose en plus que le contrat ait été conclu avant 66 ans, qu’il ait duré au moins cinq ans (dix ans pour une police liée à des fonds) et que le capital soit versé à partir de 60 ans.

Notre page comment déclarer son 3ème pilier indique où reporter la valeur de rachat à Genève et dans le canton de Vaud.


Et pour un 3ème pilier A, faut-il la déclarer ?

Non. Tant qu’il n’est pas retiré, votre 3ème pilier A n’est pas soumis à l’impôt sur la fortune, et vous n’avez pas à déclarer sa valeur de rachat. Seules vos primes annuelles se déclarent, pour les déduire de votre revenu. Le capital est imposé une seule fois, au retrait : notre page quelle imposition lors du retrait d’un 3ème pilier ? explique le calcul.

Avant de racheter votre contrat : les alternatives

Une valeur de rachat basse n’est pas une fatalité. Selon votre situation, d’autres solutions coûtent moins cher que le rachat.

Transformer le contrat en police libérée de primes. Vous arrêtez de payer, et le contrat continue jusqu’au terme avec un capital réduit. Vous ne perdez pas les années déjà versées, et les frais ont plus de temps pour s’amortir.

Réduire la prime. Certains contrats le permettent, avec un capital final plus faible.

Attendre. La valeur de rachat augmente avec le temps, et l’écart avec les primes versées se réduit en général au fil des années. Comparer la valeur de rachat aujourd’hui et dans deux ou trois ans peut changer votre décision.

Nous détaillons ces options et les démarches dans notre page comment résilier son 3ème pilier.


« Rachat du 3ème pilier » : attention à l’autre sens

Le mot « rachat » désigne aussi tout autre chose. Depuis 2026, vous pouvez « racheter » des années dans votre 3ème pilier A, c’est-à-dire verser après coup les montants que vous n’avez pas versés les années précédentes, à partir de 2025, et les déduire de vos impôts. Cela n’a rien à voir avec la valeur de rachat : les règles de ce rattrapage sont sur notre page montant maximum du 3ème pilier.

De même, le rachat dans le 2ème pilier consiste à combler une lacune dans votre caisse de pension. Notre article rachat du 2ème pilier : est-ce avantageux ? l’explique.


Avant de signer : regardez le tableau

La meilleure façon d’éviter la mauvaise surprise de la scène du début, c’est de regarder le tableau des valeurs de rachat avant de signer. Que récupéreriez-vous après deux ans, cinq ans, dix ans ? Si les montants vous paraissent inacceptables, c’est peut-être qu’une assurance n’est pas la bonne solution pour vous, ou que la prime est trop élevée.

Notre page que vérifier avant de signer un 3ème pilier ? liste les autres points à contrôler, et notre page 3ème pilier en banque ou en assurance ? vous aide à choisir entre les deux.

Questions fréquentes sur la valeur de rachat du 3e pilier

Qu'est-ce que la valeur de rachat d'une assurance vie ?

C’est la somme que l’assureur vous verse si vous arrêtez le contrat avant son échéance : l’épargne accumulée et les excédents, moins les frais non encore amortis.

Parce qu’une partie des primes a financé les frais de conclusion, la gestion et la couverture des risques, et que les frais de conclusion sont prélevés surtout au début du contrat.

Seulement dans les cas de retrait prévus par la loi. Sinon, elle est transférée vers un autre 3ème pilier A.

Pour un 3ème pilier B, elle fait partie de votre fortune imposable chaque année. Pour un 3ème pilier A, elle n’est pas soumise à l’impôt sur la fortune ; le capital est imposé au retrait.

Quatre semaines à partir de votre demande.

Non. Vous récupérez le solde de votre compte ou la valeur de vos fonds.

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Vous hésitez à racheter, transformer ou garder votre contrat ? Nos conseillers analysent votre police et la valeur de rachat qui vous est proposée, et vous aident à choisir l’option qui vous coûte le moins.

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